Hadith Boukhary : Les Menstruations

3315 paragraphes

L'obligation de jeûner durant le mois de Ramadan

1 De ces Paroles de Dieu : « Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux générations qui vous ont précédés. Peut-être craindrez-vous le Seigneur ? » (Coran 2.183) Selon 'Aïcha, les Qoraïchites observaient le jeûne le jour de l'Achoura, au temps de la Djahiliya (antéislamique). Aussi, le Prophète imposa cette pratique (aux Musulmans) jusqu'au moment où le Ramadan fut prescrit : « Que celui qui désire (continuer à) jeûner le jour de la 'Achoura le fasse, déclara le Prophète et celui qui souhaite manger est libre de le faire. »

Les mérites du jeûne

2 D'après Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : « Le jeûne est une protection. Que celui qui s'y adonne ne soit pas grossier ou vulgaire. Si quelqu'un l'attaque ou l'insulte, qu'il réponde : - Je jeûne, par deux fois. Par celui qui tient ma vie entre Ses mains, l'haleine de la bouche du jeûneur est pour Dieu un parfum plus agréable que la senteur du musc.- Le jeûneur renonce à manger, à boire, et à ses passions pour Moi, a dit Dieu, pour cela Je le récompenserai et ferai fructifier ses bonnes actions en les décuplant. »

Le jeûne est une expiation

3 Hodaïfa a dit : « 'Omar s'enquit pour savoir qui avait connaissance d'un Hadith du Prophète concernant la fitna (troubles, dissensions, etc.), je répondis : - Moi, j'ai entendu le Prophète déclarer que la fitna de l'homme pouvait provenir de sa famille, de son argent et de son voisin. Pour la chasser, il y a lieu de s'adonner à la prière, au jeûne et à l'aumône... » La porte Errayane est réservée aux jeûneurs D'après Sahl, le Prophète a dit : « Au Paradis, il existe une porte qui a pour nom Erayane et par laquelle n'entreront le jour de la Résurrection, que ceux qui auront accompli le jeûne (du Ramadan). Personne d'autre ne franchira ce seuil. On dira : - Où sont les jeûneurs ? Ceux-ci se lèveront et, nul en dehors d'eux ne passera par-là. Dès qu'ils pénétreront la porte sera fermée et plus aucun être humain ne s'introduira (par ce passage). »

Des différentes portes du Paradis

4 Selon Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : « A celui qui aura prodigué une paire de biens au service de Dieu, on s'écriera aux portes du Paradis : - Ô adorateur de Dieu, cet acte est bien. Pour celui qui aura prié avec constance, on l'appellera par la porte de la prière. Pour celui qui aura fait la guerre sainte, on l'appellera par la porte de la guerre sainte, alors que celui qui aura beaucoup jeûné, on l'appellera par la porte Erayane. Pour celui qui aura fait souvent l'aumône on l'appellera par la porte de l'aumône. - Je ferais don pour toi, de la vie de mon père et de ma mère, s'exclama Abou Bakr, bien qu'aucun mal n'affligera ceux qui seront appelés par une de ces portes, y aura- t-il quelqu'un à être appelé par toutes les portes en même temps ? - Oui, répondit le Prophète, et je souhaite que tu seras l'un d'eux. » Faut-il dire «Ramadan» ou «le mois de Ramadan» et ceux qui pensent que les deux appellations sont correctes Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Quand débute le Ramadan, les portes célestes s'ouvrent, les portes de l'enfer se ferment et les démons sont enchaînés. »

Quand le croissant de la lune apparaît, il faut jeûner

5 Selon Ibn 'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : « Lorsque vous le verrez (le croissant de la lune indiquant le début du mois de Ramadan) observez le jeûne ; lorsque vous le verrez (annonçant le mois suivant), rompez le jeûne. Si le temps est couvert faites des estimations. » Celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi et sincérité dans l'espoir d'une rétribution divine Selon 'Aïcha, le Prophète a dit : « Ils seront ressuscités avec leurs intentions. » Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Celui qui reste debout durant la nuit du Destin (Leïlat El Qadr), animé par la foi et l'espoir d'une rétribution (divine) verra le pardon de toutes ses fautes antérieures. » « Celui qui jeûnera durant le (mois de) Ramadan, animé par la foi et l'espoir d'une rétribution (divine) verra le pardon de ses péchés passés. » Le Prophète n'était jamais plus généreux que durant le Ramadan Ibn 'Abbas a dit : « Le Prophète était le plus généreux des hommes et le devenait encore davantage durant le Ramadan, quand il recevait Djibril. Celui- ci lui rendait visite chaque nuit du Ramadan et ce jusqu'à la fin du mois, tandis que le Prophète lui récitait le Coran. A chacune des visites de Djibril, le Prophète devenait plus généreux que le vent qui apporte la pluie. » De celui qui ne cesse de dire des propos mensongers et de les mettre en pratique durant le jeûne Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Celui qui ne cesse de dire des propos mensongers et de les mettre en pratique, Dieu n'éprouve aucun besoin qu'il se passe de nourriture ou de boisson. »

Le jeûne pour celui qui craint le célibat

6 'Alqama a dit : « Alors que j'accompagnais 'Abdallah, celui-ci me raconta ceci : - Le Prophète, nous dit un jour : - Celui qui est en mesure de se marier, doit le faire. Le mariage est le plus sûr moyen d'apaiser les regards langoureux et de maîtriser les désirs. Que celui qui ne peut se marier, observe le jeûne. Ce sera un tranquillisant pour lui. »

Comment déterminer le début du jeûne ?

7 De ces paroles du Prophète : « Quand vous apercevez le croissant de la nouvelle lune, jeûnez et quand vous l'apercevez rompez le jeûne. » Selon 'Abdallah Ben 'Omar, l'Envoyé de Dieu en évoquant le Ramadan a dit : « Ne commencez pas le jeûne avant de voir le croissant de la lune et ne rompez pas le jeûne avant de le voir. Si le temps est couvert, Faites des estimations. » Si le temps est couvert et qu'on n'aperçoit pas le croissant, il faut jeûner trente jours Selon 'Abdallah Ben 'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : « Le mois comporte vingt-neuf nuits ; ne rompez pas le jeûne avant d'apercevoir (le nouveau) croissant de la lune. Si le temps est couvert, terminez le nombre de trente (jours). » Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Observez le jeûne dès que vous l'apercevrez (le croissant de la lune) et rompez le jeûne dès que vous l'apercevez. Si le temps est couvert, achevez le nombre de cha'bane qui compte trente jours. » Les deux mois de fête abrégés ne doivent pas être ensemble (dans l'année) Selon Abou Bekra, le Prophète a dit : « Il y a deux mois qui ne doivent être abrégés (simultanément dans la même année). Ce sont les mois de fête de Ramadan et de Dhou el Hidja. »

On ne doit pas jeûner un jour ou deux avant le Ramadan

8 Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Personne ne doit jeûner un jour ou deux avant le Ramadan, sauf si c'est quelqu'un qui jeûne d'habitude ce jour-là et alors qu'il jeûne. » La nuit du jeûne il est permis d'avoir commerce avec ses femmes, de manger et de boire De ces Paroles de Dieu : « Il vous est permis d'avoir commerce avec vos femmes la nuit du jeûne. Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles. Dieu sait que vous vous lésiez vous-mêmes, Il est revenu vers vous et vous a pardonné. Cohabitez maintenant avec vos femmes et cherchez à obtenir ce que Dieu a prédestiné pour vous... » (Coran 2.187) El Bara a dit : « Quand parmi les compagnons du Prophète quelqu'un observait le jeûne et qu'à l'heure de la rupture du jeûne, il était pris de sommeil sans avoir mangé, il restait ainsi en état de jeûne, cette nuit-là et le jour d'après et attendait le soir (pour s'alimenter) » Qaïs Ben Sirma El Ansari, qui observait le jeûne s'en alla vers son épouse, quand le moment de la rupture du jeûne fut venu et lui demanda : - Y a-t-il de quoi se restaurer ? - Non, lui répondit celle-ci, mais je vais aller chercher (de la nourriture) pour toi. Or cet homme qui travaillait la journée fut pris de sommeil. Lorsque sa femme revint et le vit ainsi, elle lui dit : - Je n'ai rien trouvé. Au cours de la journée, cet homme fut pris d'un évanouissement, et on raconta l'histoire au Prophète. C'est alors que le verset suivant fut révélé : « Il vous est permis d'avoir commerce avec vos femmes la nuit du jeûne... » Les fidèles se réjouirent beaucoup de cette révélation, qui ajouta : « Mangez et buvez jusqu'à ce qu'on puisse distinguer à l'aube le fil blanc du fil noir. Jeûnez ensuite jusqu'à la nuit. » (Coran 2.187) Durant le Ramadan, il est loisible de manger et de boire jusqu'à l'aube De ces Paroles de Dieu : « Mangez et buvez jusqu'à ce que l'on puisse distinguer à l'aube, le fil blanc du fil noir. Jeûnez ensuite jusqu'à la nuit. » (Coran 2.187) 'Adi Ben Hatim a dit : « Lorsque ce verset : « ...Jusqu'à ce que l'on puisse distinguer le fil blanc du fil noir... » fut révélé, je prenais une corde noire et une autre blanche que je posais sous mon oreiller. Pendant la nuit, je regardais ces cordes et pus différencier l'une de l'autre. Le matin je partis vers l'Envoyé de Dieu pour lui faire part de la chose. - Ces deux fils, me répondit- il, désignent seulement la noirceur de la nuit et la blancheur du jour. »

L'appel à la prière de l'aube durant le Ramadan

9 De ces paroles du Prophète : « L'appel à la prière de Billal ne doit pas vous empêcher de prendre votre dernier repas de la nuit (s'hour). » Selon 'Aïcha, Billal lançait l'appel à la prière pendant qu'il faisait encore nuit, le Prophète dit alors : « Mangez et buvez jusqu'au moment où le fils de Oum Mektoum lancera son appel à la prière, car dorénavant il ne le fera plus qu'au lever de l'aube. » Du temps séparant le dernier repas de la nuit de la prière de l'aube Selon Anas, Zeïd Ben Tabit a dit : « Nous prîmes le dernier repas de la nuit en compagnie le Prophète ; puis il se leva pour prier. - Quel temps sépare l'appel à la prière du dernier repas ? demanda Anas. - Le temps de réciter cinquante versets du Coran, répondit Zeïd. »

La bénédiction liée au dernier repas de la nuit

10 D'après Anas Ben Malik, le Prophète a dit : « Prenez votre s'hour (dernier repas précédent l'aube en période de jeûne), une bénédiction accompagne ce repas. »

Celui qui décide de jeûner le jour même

11 Selon Oum Derda, Abou Derda lui disait : « As-tu de la nourriture ? Si elle répondait par le négative, il ajoutait : - Aujourd'hui je vais jeûner. Ce comportement fut suivi par Abou Talha, Abou Horaïra, Ibn 'Abbas et Hodaïfa. »

Celui qui jeûne et se lave

12 Ech Cha'abi alla au hamam (bain) alors qu'il était en état de jeûne.

Des diverses dispositions en matière de jeûne

13 Ibn 'Abbas a dit : « Il n'y a pas d'inconvénient (pour celui qui jeûne) à goûter ce qui se trouve dans la marmite et autre. » El Hassan a dit : « Il n'y a pas de mal pour celui qui jeûne à se gargariser et à rafraîchir son corps. » Ibn Mess'aoud a dit : « Quand c'est jour de jeûne pour l'un d'entre vous, il peut le matin mettre de la pommade et se peigner les cheveux. » Anas a dit : « Je possédais un bassin où je m'immergeais alors que je jeûnais. » Ibn 'Omar se brossait les dents au commencement et à la fin du jour. Ibn Sirin a dit : « Il n'y a pas de mal à utiliser du siouak frais. On lui fit remarquer que le siouak avait un goût, il répondit que l'eau également avait un goût et qu'on se lavait la bouche avec. » Anas, El Hassan et Ibrahim ne voyaient pas d'inconvénient à ce que le jeûneur utilise du kohol (fard pour les yeux)

Quand le jeûneur boit et mange involontairement

14 'Ata a dit : « Il n'y a aucun mal quand quelqu'un renifle de l'eau et que cette eau lui pénètre dans la gorge, s'il ne peut la rejeter. » El Hassan a dit : « Quand une mouche pénètre dans la gorge, il n'y a pas de mal pour le jeûneur. » Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Celui qui mange et boit involontairement doit poursuivre son jeûne, car c'est Dieu qui l'a fait manger ou boire. »

Du siouak vert et séché pour le jeûneur

15 Selon certaines sources 'Amir Ben Rebi'a a dit : « J'ai vu le Prophète faire usage du siouak alors qu'il était en état de jeûne et cela à de nombreuses reprises. » Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Si je n'avais peur d'imposer une trop lourde charge à ma communauté, j'aurais prescrit aux fidèles l'usage du siouak à chaque ablution. » Djâbir Ben Zeïd rapporte une tradition similaire mais ne précise pas si cela concerne le jeûneur ou celui qui ne jeûne pas. 'Aïcha a dit : « Selon le Prophète, le siouak purifie la bouche et plaît au Seigneur. » El Hassan a dit : « Il n'y a pas d'inconvénient pour le jeûneur à prendre un médicament par le nez, si ce médicament ne s'introduit pas dans la gorge. Il peut user du kohol. »

De celui qui sans raison rompt le jeûne

16 Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Lorsque quelqu'un sans raison ni maladie renonce au jeûne durant un seul jour du mois de Ramadan, il ne pourra se racheter de son forfait, même s'il devrait jeûner pour cela toute sa vie. » C'est aussi la position de Ibn Mess'aoud. Cependant Sa'ïd Ben El Mossayab, Cha'abi, Ibn Djobaïr, Ibrahim, Qatada et Hamad pensent qu'il peut se libérer en observant un autre jour de jeûne en compensation. »

De la pose des ventouses et du vomissement du jeûneur

17 Abou Horaïra a dit : « Le jeûneur qui vomit ne rompt pas le jeûne car il expulse et n'ingurgite pas. » Ibn 'Abbas et Ikrima ont dit : « Le jeûne, réside dans le fait de ne pas ingérer et non de ne pas évacuer. » Selon Ibn 'Abbas, le Prophète se faisait placer des ventouses alors qu'il était en état d'ihram (sacralisation) et aussi en état de jeûne.

Le jeûne et la rupture du jeûne durant le voyage

18 Selon 'Aïcha, Hamza Ben 'Amr, demanda au Prophète : « Faut-il respecter le jeûne quand on voyage ? Hamza pratiquait souvent le jeûne. - Si tu veux, observe le jeûne, répondit le Prophète, mais si tu le désires, renonce à jeûner. » De ces paroles du Prophète à l'adresse de ceux qui protégeaient leurs têtes à cause de l'intensité de la chaleur : « Vous ne faites pas oeuvre de piété en observant le jeûne en voyage. » Djâbir Ben 'Abdallah a dit : « Lors d'une de ses expéditions l'Envoyé de Dieu vit un attroupement autour d'un homme qu'on protégeait de l'ardeur du soleil : - Que se passe-t-il ? demanda le Prophète. - C'est un homme qui jeûne, lui répondit-on. - Ce n'est pas faire oeuvre de piété que de pratiquer le jeûne en voyage, fit alors observer le Prophète. » Les compagnons du Prophète ne se critiquent pas réciproquement, soit de jeûner, soit de renoncer au jeûne Anas Ben Malik a dit : « Lorsque nous voyagions avec le Prophète celui qui observait le jeûne ne critiquait pas celui qui renonçait à jeûner, de même celui qui renonçait à jeûner ne faisait pas grief à celui qui l'observait. » Du jeûne, de ceux qui s'en dispensent et du verset abrogé De ces Paroles de Dieu : « Ceux qui pourraient jeûner et qui s'en dispensent devront nourrir un pauvre en expiation. »(Coran 2.184) Selon Ibn 'Omar et Salama Ben Akwa, ce verset a été abrogé et remplacé par celui-ci : « Le Coran a été révélé durant le mois de Ramadan, c'est une direction pour les hommes. Il contient les preuves de l'orthodoxie ainsi que la distinction du bien et du mal. Quiconque verra (la nouvelle lune) de ce mois, devra jeûner. Celui qui est malade ou celui qui est en voyage jeûnera par la suite un nombre égal de jours. Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas pour vous la gêne. Accomplissez toute la durée du jeûne et louez Dieu de vous avoir dirigé. Peut- être serez-vous reconnaissants. » (Coran 2.185) Selon Ibn Abou Leïla, quand le Ramadan fut révélé, les compagnons de Mohammed estimèrent que le jeûne était pénible. Aussi ceux qui avaient les moyens de nourrir chaque jour un pauvre, s'exemptèrent de jeûner et cette pratique fut autorisée au début. Puis le verset sus-cité fut abrogé et remplacé par cet autre : « Jeûner est un bien pour vous, si vous pouvez le savoir. » (Coran 2.184). Ainsi les fidèles se virent prescrire le jeûne. » Quand doit-on remplacer les jours (non jeûnés) du Ramadan ? Ibn 'Abbas a dit : « Il n'y a pas d'inconvénient à échelonner les jours de remplacement car le Coran dit : « Par un nombre équivalent de jours. » (Coran 2.184)

La femme qui a ses règles cesse de jeûner et de prier

19 Selon Abou Sa'id, le Prophète a dit : « La femme qui a ses règles n'arrête-t-elle pas la prière et le jeûne ? Ainsi c'est une diminution de sa religion. »

Celui qui meurt en laissant des jours de jeûne non accomplis

20 El Hassan a dit : « Il est permis que trente hommes jeûnent chacun un jour pour le compte du disparu. » Selon 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu a dit : « Il appartient au ouali du défunt d'accomplir les jours de jeûne, qui n'avaient pas été acquittés par ce dernier à sa mort. » Ibn 'Abbas a dit : « Un homme vint vers le Prophète et s'adressa à lui : - Ô Envoyé de Dieu, lui dit-il, ma mère est décédée alors qu'elle devait un mois de jeûne, dois-je jeûner pour son compte ? - Oui, répondit le Prophète, les dettes vis-à-vis de Dieu, sont celles qui doivent être acquittées avec le plus de rigueur. »

De l'empressement à rompre le jeûne

21 Selon Sahl Ben Sa'd, l'Envoyé de Dieu a dit : « Les fidèles seront toujours dans la bonne voie, tant qu'ils s'empresseront à rompre le jeûne (à l'heure de la rupture du jeûne). »

Le fait de jeûner (successivement le jour et la nuit)

22 De celui qui dit qu'on ne doit pas jeûner la nuit, conformément à ces Paroles de Dieu : « ...Jeûnez ensuite jusqu'à la nuit. » (Coran 2.187) Le Prophète a proscrit de jeûner la nuit, par compassion envers les fidèles, et pour préserver leur santé des excès qui sont condamnables. Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit par deux fois : « Ne cumulez pas le jeûne (le jour et la nuit) » - Mais, toi tu cumules bien, lui répondit-on. - C'est que moi, fit le Prophète, le Seigneur me donne à manger et à boire durant la nuit. Ne vous imposez que ce qui est dans vos possibilités. » Celui qui adjure son frère de mettre fin à un jeûne volontaire, sans considérer qu'un tel acte nécessite une expiation, quand cela bénéficie à l'abstinent Abou Djohaïfa a dit : « Le Prophète avait institué le pacte de fraternité entre Salman et Abou Derda. Salman s'en alla un jour chez Abou Derda et trouva Oum Derda dans une tenue qui laissait à désirer. - Que veut dire cela ? lui demanda-t-il. - Ton frère Abou Derda a renoncé aux biens de ce monde, lui répondit-elle. Abou Derda arriva alors et prépara à manger. - Mange, lui lança Salman. - Je jeûne, répondit Abou Derda. - Je m'abstiendrai tant que tu ne mangeras pas, lui rétorqua le visiteur. Alors il se restaura. Durant la nuit Abou Derda voulut se lever. - Dors ! Lui intima Salman et il dormit. Puis après un certain temps, il tenta de se lever une nouvelle fois. - Dors ! lui répéta Salman. Quand vint la fin de la nuit, Salman dit : - Debout maintenant ! Ils accomplirent leur prière puis Salman lui dit : - Tu as des obligations envers Dieu, tu as des obligations vis-à-vis de toi-même et des obligations à l'égard de ta famille. Accomplis ces obligations qui te lient en conséquence envers toutes ces parties. Lorsqu'on rapporta ces propos au Prophète, ce dernier dit : - Salman disait la vérité. » Le jeûne durant les nuits claires, les treize, quatorze et quinze (du mois) Abou Horaïra a dit : « Le Prophète, mon ami, m'a incité à jeûner trois jours chaque mois (les nuits claires) à exécuter deux reka'as à la prière de la matinée (doha) ainsi qu'une reka'a impaire (ouitr) précédant le sommeil (de la nuit). »

Le jeûne au jour du vendredi

23 Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Qu'aucun de vous ne jeûne le vendredi, sauf s'il a jeûné la veille ou qu'il s'apprête à jeûner le lendemain. »

Le jeûne, le jour de la rupture du jeûne ('Aïd el Fitr)

24 Abou Sa'id a dit : « L'Envoyé de Dieu a interdit de jeûner le jour de la rupture du jeûne ('Aïd el Fitr) et le jour du sacrifice ('Aïd el Adha). » Selon Sama, l'Envoyé de Dieu a interdit à l'homme de s'envelopper dans une seule pièce de tissu et d'exécuter une prière après celle du matin (sobh) et celle de l'après-midi ('assar).

Le jeûne le jour de la 'Achoura

25 Selon Orwa Ben Zoubaïr, 'Aïcha a dit : « Le Prophète prescrivit au début de jeûner le jour de la 'Achoura ; puis, quand le Ramadan fut rendu obligatoire, celui qui voulut, jeûna ce jour-là et celui qui le désirait n'observera pas le jeûne. »

Le mérite de celui qui prie (la nuit) durant le Ramadan

26 Selon Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui prie (durant la nuit) au cours du Ramadan avec conviction et espérance, obtiendra la remise de ses péchés. » L'excellence de la Nuit du Destin (Leïlat El Qadr) De ces Paroles de Dieu : « Nous l'avons (le Coran) révélé durant la Nuit du Destin. Comment pourrais-tu savoir ce qu'est la Nuit du Destin ? La Nuit du Destin est meilleure que mille mois ! Les anges et l'Esprit descendent durant cette Nuit, avec la permission de Dieu, chargés de tout ordre. La Paix règne sur cette Nuit jusqu'au lever du jour. » (Coran 97.1 à 5) Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Celui qui pratique le jeûne du Ramadan avec foi et espérance obtiendra la rémission de ses péchés. Celui qui se tiendra en prière durant la Nuit du Destin avec foi et espérance, obtiendra la rémission de ses péchés. » Selon 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu a dit : « Cherchez la Nuit du Destin durant les dix dernières nuits du mois de Ramadan. »

De celui qui ne touche pas les deux colonnes yéménites

27 Abou Cha'ata a dit : « Qui a donc peur de toucher quelque chose de la Maison Sacrée ? » Mo'awiya touchait toutes les colonnes et lorsque Ibn 'Abbas lui dit : « Il ne faut pas toucher ces deux colonnes car nous ne les touchons pas. » Mo'awiya répondit : - Il n'y a aucun endroit de la Maison Sacrée que l'on doit éviter. » Ibn Zoubaïr touchait toutes les colonnes (de la Maison Sacrée). 'Abdallah Ben 'Omar a dit : « Je n'ai pas vu le Prophète toucher autre chose dans la Maison Sacrée que les colonnes yéménites. » De celui qui fait le geste de toucher la pierre noire lorsqu'il arrive près d'elle Ibn 'Abbas a dit : « Le Prophète effectua la tournée processionnelle sur un chameau et toutes les fois qu'il passait devant la pierre noire, il mimait le geste de la toucher. »

Le tekbir près de la pierre noire

28 Ibn 'Abbas a dit : « Le Prophète effectua la tournée processionnelle sur un chameau. Toutes les fois qu'il passait devant la pierre noire il mimait le geste de la toucher avec ce qu'il avait à la main et prononçait le tekbir. » De celui qui en arrivant à la Mecque, effectue la tournée processionnelle de la Maison Sacrée, avant de rentrer chez lui et de prier deux reka'as pour partir vers Safa 'Aïcha rapporte selon 'Orwa, que la première chose que fit le Prophète en arrivant à la Mecque fut d'effectuer ses ablutions avant d'accomplir la tournée processionnelle ; toutefois, il n'y avait pas eu de visite pieuse. Abou Bakr et 'Omar agirent de même lors de leur pèlerinage. Selon 'Abdallah Ben 'Omar, quand le Prophète effectuait les premières tournées processionnelles autour de la Maison Sacrée, il accélérait l'allure durant les trois premiers tours et marchait au pas lors des quatre derniers. Il courait aussi dans le fond de la vallée lors des allées et venues entre Safa et Marwa.

La tournée processionnelle des femmes et des hommes

29 Oum Salama, la femme du Prophète a dit : « Je fis savoir à l'Envoyé de Dieu que j'étais souffrante. - Fais tes circuits derrière les fidèles et reste sur ta monture, me dit-il. Je fis ce qu'il me prescrivait. Pendant ce temps, l'Envoyé de Dieu faisait la prière du matin, sur l'un des côtés de la Maison Sacrée en récitant ces versets : « J'en Jure par le mont Sinaï, par le Livre écrit... » (Coran 52.1-2)

Du fait de parler durant la tournée processionnelle

30 Selon Ibn 'Abbas, alors qu'il accomplissait le circuit rituel de la Maison sacrée, le Prophète aperçut un homme qui avait lié sa main à celle d'un autre, avec une lanière ou une corde. Le Prophète coupa la lanière en disant : « Mène-le par la main. » On ne doit pas accomplir les circuits rituels autour du Temple tout nus et il est interdit aux idolâtres de faire le pèlerinage Abou Horaïra rapporte que Abou Bakr Es Seddiq qui avait été placé par le Prophète à la tête du pèlerinage précédant le pèlerinage d'Adieu, fut chargé par ce dernier, le jour du sacrifice, d'informer les gens, que dorénavant aucun polythéiste ne serait plus admis à faire le pèlerinage et qu'il ne fallait pas accomplir la procession sans vêtements.

Le malade accomplit les tournées rituelles sur une monture

31 Selon Ibn 'Abbas, l'Envoyé de Dieu accomplit les tournées rituelles sur un chameau. Toutes les fois qu'il défilait devant la pierre noire, il faisait un geste vers elle avec l'objet qu'il tenait à la main et prononçait le tekbir.

Le fait de donner à boire aux pèlerins

32 Selon Ibn 'Abbas, l'Envoyé de Dieu s'approcha du lieu où l'on donnait à boire et demanda qu'on le serve : « Ô Fadl, dit alors Ibn 'Abbas, va chez ta mère et rapporte la boisson qu'elle a préparée. - Donne-moi à boire, reprit le Prophète. - Ô Envoyé de Dieu, répondit Ibn 'Abbas, ils plongent leurs mains dans cette eau. - Donne-moi à boire, insista le Prophète. (On lui en donna). Et alors il but. Ensuite il se dirigea vers le puits de Zemzem, là où l'on tirait de l'eau et où on donnait à boire. Travaillez, dit-il aux gens, car votre tâche est méritoire. » Puis il ajouta : « si je savais que vous ne serez pas encombrés, je descendrais pour mettre la corde ici, et il désigna son épaule. »

Ce qui est dit au sujet de l'eau de Zemzem

33 Selon Anas Ben Malik, Abou Dar aurait rapporté ces propos de l'Envoyé de Dieu : « Le plafond (de ma chambre) s'entrouvrit alors que je me trouvais à la Mecque. Gabriel vint vers moi, m'ouvrit la poitrine et la lava avec l'eau de Zemzem. Puis il disposa d'un récipient en or empli de sagesse et de foi qu'il déversa dans ma poitrine avant de la refermer. Il me prit ensuite par la main et nous montâmes au ciel le plus proche où il cria au portier : - Ouvre ! - Qui est là ? demanda celui-ci. Et Gabriel lui répondit. »

Le Prophète ordonna le calme au moment de la descente

34 Ibn 'Abbas rapporte qu'il effectua la descente le jour de 'Arafa avec le Prophète. Quand il entendit derrière lui des remous et le bruit des coups assaillis aux chameaux ; le Prophète effectua alors un mouvement avec son fouet et dit : « Ô fidèles ! Calmez-vous, la piété ne consiste pas à tourmenter sa monture ! » De celui qui regroupe deux prières sans accomplir de prière surérogatoire Ibn 'Omar a dit : « Lorsqu'il était à Djam', le Prophète regroupa la prière du coucher du soleil (maghreb) et la prière du soir ('icha). Chacune de ces prières avait été précédée d'un second appel. Entre les prières, de même qu'a la fin de chacune d'elles, il n'accomplit pas de prière surérogatoire. »

On ne donne rien de la victime à celui qui dépèce

35 Selon 'Abderrahmane Ben Abou Leïla, 'Ali a dit : « Le Prophète m'avait chargé de m'occuper des chameaux destinés au sacrifice. Il m'ordonna de distribuer la viande, puis il me prescrit de donner les caparaçons d'abord et enfin les peaux. » Suivant une autre source, 'Ali aurait dit : « Le Prophète m'ordonna de me charger des chameaux destinés au sacrifice et de ne rien donner pour le dépècement de la bête. » Du fait de se raser la tête ou de se couper les cheveux quand on quitte l'état de sacralisation (d'ihram) 'Abdallah Ben 'Omar a dit : « Le Prophète se fit raser la tête, de même que certains de ses compagnons. D'autres raccourcirent les cheveux. »

Le jet de pierre est constitué de sept cailloux

36 Selon 'Abderrahmane Ben Yazid, quand 'Abdallah fut arrivé à El Djamra El Koubra (El 'Aqaba) il se positionna de telle façon que le Temple (de la Ka'ba) était à sa gauche et Mina à sa droite, puis il lança sept cailloux. C'est ainsi, dit-il, que lança celui à qui a été révélée la sourate de «la Vache » (Coran 2) (Il s'agit du Prophète).

Le fait de se parfumer après le jet de cailloux

37 'Aïcha a dit : « J'enduisais de parfum l'Envoyé de Dieu à l'aide de mes deux mains que voici, lorsqu'il prenait l'état d'ihram et lorsqu'il le quittait avant d'entamer la tournée rituelle. » En disant cela, elle étendait ses deux mains. Le commerce durant les jours de fête (du pèlerinage) et les ventes dans les souks de la Djahiliya Ibn 'Abbas a dit : « Dhou El Madjaz et 'Okad étaient des lieux de négoce pour les gens au temps de la Djahiliya. Lorsque l'Islam s'implanta, les fidèles éprouvèrent comme de l'aversion à fréquenter ces emplacements, jusqu'à ce que le verset suivant fut révélé : « Il ne vous est point interdit de rechercher quelque profit (licite) du Seigneur (durant les fêtes de pèlerinage). » (Coran 2.198)

Celui à qui Dieu donne quelque chose sans qu'il l'ait demandé

38 'Omar a dit : « L'Envoyé de Dieu me donnait des subsides et comme un jour je lui dis : - Donne-les à des gens plus pauvres que moi, il me répondit : - Prends ce que je t'offre et toutes les fois qu'on te proposera un bien sans que tu l'aies sollicité ou réclamé, accepte-le. Autrement ne te laisse pas aller à la prendre. » Celui qui importune les gens par des demandes incessantes d'aumône Selon 'Abdallah Ben 'Omar, le Prophète a dit : « L'homme qui n'arrête pas d'importuner les gens par ses demandes d'aumône, n'aura plus le moindre morceau de chair au visage, le jour de la Résurrection. Et ce jour, continua le Prophète, le soleil sera tellement proche que la sueur emplira la cavité des oreilles. Les hommes appelleront alors à leur secours Adam puis Moïse (Moussa) et enfin Mohammed. » De ces Paroles de Dieu : « ...Ils ne demandent pas l'aumône avec importunité... » (Coran 2.273) De ces paroles du Prophète : « Il ne trouvera pas assez de richesses pour le combler. » Celui qui n'ose importuner les gens par des demandes insistantes De ces Paroles de Dieu : « Il est parmi vous des pauvres, qui, occupés uniquement dans la voie de Dieu, ne pourront parcourir la terre. L'ignorant les croit riches à cause de leur attitude réservée. Tu les reconnaîtras à leur aspect. Ils n'importunent point les hommes par leurs demandes. Tout ce que vous aurez donné à ces hommes, Dieu le saura. » (Coran 2.273) D'après Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Le pauvre indigent n'est pas celui qui s'accommode d'une ou de deux bouchées de nourriture, le véritable indigent est celui qui tout en étant complètement démuni n'ose pas importuner les gens par ses demandes insistantes. »

Des comportements réprouvés par Dieu

39 Selon Moghira Ben Cho'ba, ...le Prophète a dit : « Il y a trois comportements que Dieu réprouve : les propos malfaisants colportés à droite et à gauche (el qil oual qal), la dilapidation des biens et l'insistance dans les demandes d'aumône. »

De la montagne Ohod

40 Selon Ibn Bakr, lorsqu'il aperçut Ohod, le Prophète dit : « Voici Ohod, c'est une montagne qui nous aime et que nous aimons. » Du prélèvement de la zakat sur les terres arrosées par la pluie et celles arrosées par l'eau courante D'après 'Abdallah, le Prophète a dit : « Les terres qui sont arrosées par la pluie, ou irriguées par des sources ou des conduites s'acquitteront de la zakat ; les terres qui sont irriguées par l'eau souterraine ne paieront que la moitié de la zakat. » Le recouvrement de la zakat sur les dattes s'effectue au moment de la cueillette Peut-on autoriser l'enfant à s'approcher des dattes provenant de la zakat ? Abou Horaïra a dit : « L'Envoyé de Dieu réceptionnait les dattes au moment de la campagne de cueillette. Tel venait avec ses dattes et tel autre avec les siennes ; si bien qu'il se forma un tas de dattes. Un jour Hassan et Hossaïn (les petits-fils du Prophète) entreprirent de jouer avec les fruits et l'un d'eux porta une datte à sa bouche. Aussitôt l'Envoyé de Dieu lui ôta le fruit et lui dit : - Ignores-tu donc que la famille de Mohammed ne doit pas manger des produits provenant de l'impôt légal (zakat) ? »

Le fait de vendre des fruits avant leur maturité

41 Ibn 'Omar a dit : « L'Envoyé de Dieu a interdit de commercialiser les dattes avant le début de leur maturité. Comme on lui demandait pourquoi, il répondit : - Tant que tout danger qui pourrait affecter ces fruits n'aurait pas été éliminé. » Selon Anas Ben Malik, l'Envoyé de Dieu a interdit la commercialisation des fruits, tant qu'ils n'ont pas pris de couleur, c'est-à-dire acquit la couleur rouge.

Peut-on acheter son aumône ?

42 Il n'y a pas de mal à acheter une aumône faite à quelqu'un. Le Prophète n'a proscrit une telle transaction que si elle est effectuée par le donateur et ne l'a pas interdite à des tiers. 'Omar Ben El Khattab a dit : « J'avais offert un cheval pour les besoins de la guerre sainte et l'homme qui le possédait le négligeait et le laissait à l'abandon. Je songeai à l'acheter, escomptant un prix favorable et j'interrogeai le Prophète à ce sujet : - Garde-toi de le faire, me répondit-il, ne récupère pas ton aumône, même si cheval devait t'être cédé pour le prix d'un dirham. L'homme qui retourne à son aumône ressemble à celui qui retourne à sa vomissure. »

L'aumône donnée aux affranchies des épouses du Prophète

43 Ibn 'Abbas a dit : « Le Prophète voyant chez lui un mouton mort qui avait été donné en aumône à une affranchie de Maïmouna, dit : - Pourquoi ne faites-vous pas usage de la peau ? - Mais, il est mort, lui répondit-on. - Il ne vous est proscrit que de consommer la viande de cette bête, précisa le Prophète. »

L'aumône qui change de destinataire

44 Selon Anas, on ramena au Prophète de la viande donnée en aumône à Barira : « Cette viande, dit le Prophète, constituait une aumône pour Barira, mais pour nous c'est un présent. » La prière de l'imam et les invocations faites au profit du donateur de l'aumône De ces Paroles de Dieu : « Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans tâches. Prie sur eux, tes prières sont un apaisement pour eux... » (Coran 9.103) 'Abdallah Ben Abou Aoufa a dit : « Quand les gens ramenaient le produit de leur zakat, le Prophète disait : - Ô mon Dieu ! Répands Tes Bénédictions sur la famille d'un tel ! A mon père qui avait apporté sa zakat, le Prophète dit : - Ô mon Dieu, prodigue Tes Bénédictions sur la famille d'Abou Aoufa. » La zakat relative à ce que l'on extrait de la mer Ibn 'Abbas a dit : « L'ambre n'est pas extrait de la terre, c'est une matière rejetée par la mer. » El Hassan a dit : « Pour l'ambre et les perles, le prélèvement est de un cinquième. » Selon El Bokhari, le Prophète n'a imposé le cinquième que pour ce qui est enfoui dans la terre. Il n'a pas à être acquitté pour ce qui est dans l'eau.

Le cinquième est exigé pour les objets enfouis dans le sol

45 Malik et Ibn Idriss ont dit : « L'objet enfoui dans le sol (rikaz) avant l'avènement de l'Islam paie le cinquième, qu'il soit en grande ou en petite quantité. » Une mine ne constitue pas un rikaz. 'Omar Ben 'Abdelaziz prélevait cinq pour deux cents (deux et demi pour cent) sur les produits de la mine. Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Le propriétaire d'un animal, le propriétaire d'un puits, le propriétaire d'une mine ne sont pas tenus responsables des accidents qui se produisent. Le rikaz est soumis au cinquième. »

Le règlement des comptes des collecteurs avec l'imam

46 Abou Homaïd Sa'idi a dit : « L'Envoyé de Dieu avait confié à un homme des Asd, le soin de prélever les impositions des Benou Solaïm. Son nom était Ibn El Lotbiya et lorsqu'il revint de sa mission, il fit le point avec le Prophète. » L'imam marque de sa main les chameaux de la zakat Anas Ben Malik a dit : « ...Le Prophète tenait le fer à la main pour marquer les chameaux de l'imposition (zakat). » L'aumône de la rupture du jeûne est une obligation Abou El 'Alia, 'Ata et Ibn Sirin considèrent l'aumône de la rupture du jeûne (zakat el fitr) comme étant une prescription canonique. » Ibn 'Omar a dit : « L'Envoyé de Dieu a défini l'aumône de la rupture du jeûne (zakat el fitr) à une mesure de dattes ou une mesure d'orge. Elle est faite pour chaque personne libre ou esclave, mâle ou femelle, jeune ou âgée parmi les Musulmans. Il a en outre prescrit qu'elle devait être distribuée avant que les fidèles n'aillent à la prière. » L'aumône de la rupture du jeûne est d'une mesure de froment Abou Sa'id El Khodry a dit : « On donnait pour la zakat el fitr une mesure de froment ou une mesure d'orge, ou encore une mesure de dattes, une mesure de lait caillé ou une mesure de fruits secs. » (1) L'aumône de la rupture du jeûne est due par l'homme libre et l'esclave Zohri, parlant des esclaves qui exercent une activité commerciale a dit : « Ils paieront la zakat sur le commerce et l'aumône de la rupture du jeûne (zakat el fitr). » (1) : Ces produits constituent l'alimentation de base des populations concernées.

Ce qui est prédestiné pour les hommes

47 'Ali a dit : « Nous étions à un enterrement à Baqi' El Gharqad, quand le Prophète se dirigea vers nous et s'assit. Nous fîmes de même et formâmes un cercle autour de lui. Alors, baissant la tête, il tapota le sol avec un bâton et dit : - Il n'y a personne parmi vous, ni aucune âme qui n'ait déjà sa place fixée au Paradis ou en enfer et son destin favorable ou misérable consigné à l'avance. Un des fidèles intervint : - Ô Envoyé de Dieu, si notre destin est fixé à l'avance ne devrons-nous pas nous résigner et renoncer à tout action personnelle, car ceux qui sont promis à être des bienheureux seront amenés à exécuter les actions pour lesquelles ils sont destinés (les bonnes actions) et ceux qui sont promis à être des malheureux seront amenés à exécuter les actions en conséquence (les mauvaises actions). A cela le Prophète répondit : - A ceux qui sont destinés à être des bienheureux, leurs actes seront facilités. A ceux qui sont promis à être des réprouvés, leurs actes aussi seront facilités. Ensuite, le Prophète récita ces Paroles de Dieu : « A celui qui fait l'aumône et qui craint Dieu, à celui qui déclare véridique la très belle récompense, nous rendrons la voie plus facile... » (Coran 92.5 à 7)

De ce qui est dit au sujet du suicide

48 Selon Tabit Ben Dahak, le Prophète a dit : « Quand quelqu'un est perfide et jure délibérément par une autre religion que l'Islam, il supportera les conséquences de ses engagements. Quand quelqu'un se suicidera avec un fer coupant, il subira le châtiment avec ce même tranchant en enfer. » D'après El Hassan et Djondob, ...le Prophète a dit : « Un homme blessé mit fin à ses jours. Dieu dit : « Mon Serviteur m'a précédé quant au terme de sa vie, il a fermé devant lui les portes du Paradis. » Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « Quand quelqu'un s'étranglera (à mort) il continuera à s'étrangler en enfer ; quand quelqu'un se sera lardé (avec une arme), il continuera à se larder en enfer. » Il est blâmable de faire la prière des morts sur les hypocrites et d'implorer l'absolution des péchés pour les polythéistes 'Omar Ben El Khattab a dit : « Quand 'Abdallah Ben 'Obay mourut on demanda à l'Envoyé de Dieu de venir faire la prière des morts sur lui. Alors qu'il s'était levé, je m'élançai vers lui en me récriant : - Ô Envoyé de Dieu, tu vas faire la prière sur Ibn 'Obay après que tel et tel jour, il ait dit telle et telle chose sur toi ! Et je lui détaillai tous les propos inconvenants d'Ibn 'Obay. L'Envoyé de Dieu sourit et me dit : - Eloigne-toi de moi, ô 'Omar ! Comme je persistais dans ma résolution, il ajouta : - On m'a laissé le soin de choisir et j'ai choisi. Si j'étais assuré qu'en priant plus de soixante-dix fois (1) j'obtiendrais l'absolution (des péchés) du défunt, je le ferais. L'Envoyé de Dieu effectua donc la prière des morts sur Ibn 'Obay puis revint peu après. Il ne s'écoula pas beaucoup de temps avant que ne furent révélés les deux versets de la sourate «L'immunité» : « Ne prie jamais pour l'un d'entre eux quand il est mort, ne t'arrête pas devant sa tombe. Ils ont été incrédules envers Dieu et son Prophète et ils sont morts impies. » (Coran 9.84) 'Omar conclut : - Par la suite, je me suis étonné de l'audace que j'avais manifestée ce jour à l'égard de l'Envoyé de Dieu, mais Dieu et son Prophète sont plus instruits à ce sujet. »

Les éloges à propos des morts

49 Abou El Aswad a dit : « J'arrivai à Médine alors que sévissait une épidémie. J'étais assis en compagnie de 'Omar Ben El Khattab, lorsqu'un cortège mortuaire passa devant notre groupe. On vanta les mérites du défunt et 'Omar s'écria : - Cela lui est assuré ! Un deuxième cortège vint à passer et comme pour le premier, on fil l'éloge du disparu et 'Omar de s'écrier : « Cela (1) : Le Coran dit : « Demande pardon pour eux ou ne demande pas pardon, si tu demandes pardon pour eux soixante-dix fois, Dieu ne leur pardonnera pas, parce qu'ils ont été incrédules envers Dieu et son Prophète. Et Dieu ne dirige pas les gens pervers. » (Coran 9.80) lui est assuré ! Un troisième cortège survint ; cette fois-ci, on désapprouva la conduite passée du défunt et 'Omar s'écria à nouveau : - Cela lui est assuré ! Je lui demandai (alors) : - Qu'est-ce qui lui est assuré, ô prince des Croyants ? - j'ai entendu le Prophète dire, répliqua 'Omar, que tout Musulman qui réunirait quatre témoignages (de Musulmans) en sa faveur serait introduit par Dieu au Paradis. Comme nous interrogions le Prophète, si trois témoignages étaient aussi valables, continua 'Omar, il nous répondit par l'affirmative. Nous lui posâmes encore la question pour savoir si deux témoignages seulement pouvaient suffire, il nous dit que cela était valable. Mais nous n'osâmes pas l'interroger sur un témoignage unique. »

De ce qui est dit sur le châtiment de la tombe

50 De ces Paroles de Dieu : « Si tu voyais les injustes dans les angoisses de la mort, lorsque les anges étendront leurs mains en disant : - Dépouillez- vous de vos âmes, aujourd'hui vous allez subir un châtiment ignominieux !... » (Coran 6.93) De ces Paroles de Dieu : « ...Nous les châtierons deux fois, puis ils seront livrés à un châtiment terrible... » (Coran 9.101) De ces Paroles de Dieu : « Un terrible châtiment enveloppa le peuple de Pharaon. Ils (les gens de Pharaon) seront ensuite exposés au feu matin et soir et lorsque viendra l'Heure, on leur dira : - Introduisez les gens de Pharaon au châtiment le plus terrible. » (Coran 40.45 - 46)

Dieu affermit les Croyants

51 Selon Bara Ben Azib, le Prophète a dit : « Quand le mort a été mis en tombe, on viendra vers lui et il témoignera qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Mohammed est Son Envoyé et cela conformément à ces Paroles de Dieu : « Dieu affermit ceux qui croient par une Parole ferme dans la vie de ce monde et la vie future. » (Coran 14.27) (1) (Il s'agit des morts de la bataille de Badr) Ibn 'Omar a dit : « Le Prophète regarda un moment les corps jetés au fond du puits puis s'adressant à eux il leur dit : « Vous trouverez maintenant les promesses de votre Seigneur. » Comme on lui faisait observer qu'il parlait aux morts, il répondit :- Vous n'entendez pas mieux qu'eux, cependant ils ne sont pas en mesure de réagir. »

Les paroles du Prophète sont la vérité

52 Selon 'Aïcha le Prophète aurait dit : « A présent ils savent que mes paroles étaient la vérité, car Dieu a dit : « Tu ne saurais faire entendre les morts. » (Coran 27.80)

Des invocations pour se préserver du supplice de la tombe

53 Selon 'Aïcha, un jour une Juive entra chez elle et lui relata le supplice de la tombe : « Que Dieu te protège du supplice de la tombe, lui dit-elle. 'Aïcha questionna l'Envoyé de Dieu à ce sujet et celui-ci lui répondit : - Oui, le supplice de la tombe existe. - Depuis, poursuit 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu ne manquait jamais dans ses prières d'invoquer Dieu, pour le préserver du supplice de la tombe. »

La relation du supplice de la tombe par le Prophète

54 Asma Bint Abou Bakr a dit : « L'Envoyé de Dieu se leva pour prêcher et évoqua le supplice de la tombe réservé au défunt. Quand ils entendirent cette relation, les Musulmans poussèrent un cri d'effroi. »

Des cris que poussent les suppliciés dans leurs tombes

55 Abou Ayoub a dit : « Le Prophète sortit un soir après le coucher du soleil et entendit des cris : - Ce sont des Juifs, dit-il, ils éprouvent le supplice dans leurs tombes. »

Des invocations pour se préserver du supplice de la tombe

56 Abou Horaïra a dit : « L'Envoyé de Dieu prononçait les invocations suivantes : - Ô mon Dieu ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le supplice de la tombe, les tourments de l'enfer, contre les affres de la vie et de la mort et les épreuves de l'Antéchrist. »

Le défunt voit la place qu'il occupera plus tard

57 Selon Ibn 'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : « Lorsque quelqu'un meurt et est enterré, on lui présente matin et soir le lieu qu'il occupera. S'il est destiné au Paradis, parmi les bienheureux du Paradis ; s'il doit séjourner en enfer, parmi les réprouvés de l'enfer et on lui dira : - Voici ta demeure, lorsque Dieu te ressuscitera le Jour de la Résurrection. » L'Envoyé de Dieu a dit : « Ibrahim aura une nourrice au Paradis » El Bara a dit : « Quand Ibrahim (son fils) mourut, l'Envoyé de Dieu dit : - Il aura sans aucun doute, une nourrice au Paradis. »

Les enfants des polythéistes

58 Abou Horaïra a dit : « On interrogea l'Envoyé de Dieu au sujet des enfants des polythéistes, il répondit : - En les créant, Dieu savait mieux que quiconque quel serait leur comportement futur. »

Des rêves prémonitoires du Prophète

59 Samora Ben Djondob a dit : « Le Prophète avait coutume, une fois la prière terminée, de nous faire face en disant : - Quel est d'entre vous, celui qui a fait un rêve cette nuit ? Si l'un de nous avait fait un songe, il nous l'interprétait selon ce que Dieu voulait qu'il dise. Un jour qu'il nous interrogeait à nouveau, nous répondîmes par la négative à sa question. Alors l'Envoyé de Dieu nous dit : - Moi, j'ai rêvé cette nuit de deux hommes qui me prirent par la main et me conduisirent en Terre Sainte. Là, je vis un homme assis et un homme debout. Celui qui était debout avait un crochet de fer ; il le plantait à l'extrémité de la bouche de celui qui était assis et le tirait avec force jusqu'à ce que sa bouche atteigne la nuque. Puis, il répétait l'opération avec l'autre extrémité de la bouche. Et, dès que le premier coin guérissait, il renouvelait la torture. Je demandai à mes compagnons : - Qu'est-ce que cela veut dire ? - En avant, me dirent-ils. Nous reprîmes notre chemin jusqu'à ce que nous arrivâmes auprès de deux autres énergumènes : Le premier était couché sur le dos, tandis que l'autre, debout, lui fracassait la tête avec un bloc de pierre. A chaque fois que le bourreau donnait un coup, le bloc de pierre tombait à terre, et la blessure du persécuté se cicatrisait dans le temps qu'il fallait pour ramasser le bloc. Puis, le forcené se remettait à l'ouvrage. - Qu'est-ce que cela veut dire ? Demandai-je encore. - Continue, me répondirent-ils. Nous marchâmes à nouveau, puis nous aperçûmes une anfractuosité qui ressemblait à la gueule d'un four à pain. Elle était étroite au sommet et descendait en s'élargissant à la base. Quand le feu qui était en dessous se ravivait, le contenu de la cavité gonflait et menaçait de déborder. Lorsqu'il s'atténuait la substance retombait à l'intérieur. Il y avait dans cet antre des hommes et des femmes tout nus. Je demandai une nouvelle fois : - Qu'est-ce ceci ? - Continue ! répondirent mes compagnons. Nous nous remîmes en route et nous arrivâmes à un fleuve de sang. Un homme s'y tenait debout, alors que sur la berge un autre homme était là, disposant d'un tas de pierres placées devant lui. Chaque fois que l'individu essayait de sortir du fleuve, l'homme de la berge lui lançait une pierre dans la bouche et le forçait à rester sur place. Et le manège se poursuivait sans discontinuer. - Qu'est-ce ceci ? Demandai-je encore. - En avant ! me répondirent mes compagnons. Nous repartîmes et nous parvînmes à un parterre, verdoyant où se dressait un arbre monumental, au pied duquel se tenait un vieil homme et des enfants. Non loin de là, un feu était entretenu par un homme. Mes compagnons me firent monter sur l'arbre et nous pénétrâmes dans une demeure dont je n'avais encore jamais rien vu de semblable. Il y avait des hommes âgés, des jeunes gens, des femmes et des enfants. Nous sortîmes de là et mes compagnons me firent monter dans une maison encore plus merveilleuse que la précédente. Il y avait aussi des vieillards et des jeunes gens. Je dis alors à mes compagnons : - Vous m'avez fait voyager toute la nuit, expliquez-moi maintenant ce que j'ai vu. - Voici l'interprétation, me répondirent-ils ; l'homme dont on déchiquetait la bouche était un imposteur, il propageait des mensonges partout qui se colportaient aux contrées les plus lointaines. Il sera torturé ainsi jusqu'au jour de la Résurrection. L'individu qui se faisait fracasser la tête était un homme à qui Dieu avait appris le Coran, mais il dormait sans le réciter et vivait le jour sans l'appliquer. Il continuera à être supplicié jusqu'au jour de la Résurrection. Les gens (qui brûlaient) dans la cavité, ce sont adonnés à l'adultère et l'homme du milieu du fleuve était un des usuriers. Le vieil homme au pied de l'arbre c'est Abraham et les enfants qui étaient en sa compagnie sont les fils des hommes. L'homme qui entretenait le feu c'est Malik, le gardien de l'enfer. La première maison dans laquelle tu es entré est la demeure des Musulmans, la seconde est réservée aux martyrs. Quant à moi je suis Djibril (Gabriel) et mon compagnon Mikaïl (Michel). Maintenant lève la tête et regarde. Je levai la tête et vis ce qui me semblait être un nuage : - C'est ici, me dirent-ils que se trouve l'emplacement qui t'est réservé. - Laissez-moi y aller, leur proposai-je. - Il te reste encore une période de temps à vivre, me dirent-ils, et tu ne l'as pas encore accomplie, dès que ton terme arrivera, tu prendras possession de l'emplacement qui t'est destiné. »

De la mort un lundi

60 'Aïcha a dit : « Je pénétrai chez Abou Bakr qui m'interrogea : - Combien de vêtements avez-vous utilisés pour inhumer le Prophète ? Trois vêtements blancs de Sohoul, et il n'y avait ni turban ni chemise, répondis-je. - Quel jour est décédé l'Envoyé de Dieu ? S'enquit encore Abou Bakr. - Lundi, lui dis-je. - Et quel jour sommes-nous ? - Lundi, lui répondis-je. - Alors, je souhaite que ma mort intervienne avant la nuit prochaine. Puis examinant les habits qu'il portait durant sa maladie, il vit des marques de safran. - Lavez ce vêtement, reprit-il, on l'utilisera pour mon linceul avec deux autres vêtements que vous prévoirez à cet effet. Je lui fis remarquer que ce vêtement était vieux et usé. - les vivants ont plus de droit que les morts à s'habiller avec des vêtements neufs, rétorqua-t-il. Mon linceul ne connaîtra pas d'autre destinée que celle d'être souillé par des impuretés. Abou Bakr ne rendit l'âme qu'aux premières heures de la nuit de lundi, et fut enterré avant qu'il ne fit plein jour. »

De la mort brusque

61 Selon 'Aïcha, un homme demanda au Prophète : « Ma mère est morte brusquement, si elle avait pu parler avant, elle aurait certainement recommandé de distribuer des aumônes. Sera-t-elle récompensée là-haut, si je fais des aumônes en son nom ? - Oui, répondit le Prophète. » De ce qui est dit sur les tombeaux du Prophète, de Abou Bakr et de 'Omar 'Aïcha a dit : « Alors qu'il était malade, l'Envoyé de Dieu s'interrogeait : - Chez qui j'aurais dû être aujourd'hui ? Et demain ? Il considérait que le jour qu'il devait me consacrer était long à venir. Pourtant, c'est durant son séjour chez moi, alors qu'il était appuyé contre mon flanc et ma poitrine, qu'il fut rappelé à Dieu et on l'ensevelit dans ma chambre. »

La forme de la tombe du Prophète

62 Selon Abou Bakr Ben 'Ayach, Sofiane Tamar lui a rapporté avoir vu la tombe du Prophète. Cette tombe était renflée.

Des ossements découverts lors des fouilles

63 Selon 'Orwa Ben Zoubaïr, du temps de Walid Ben 'Abd El Malik, le mur de la chambre (de 'Aïcha) s'effondra et on décida de le rebâtir. Pendant les travaux on découvrit le pied d'un être humain et les ouvriers furent affolés à l'idée de penser que ses ossements pouvaient appartenir au Prophète et, il n'y avait personne pour les informer. Cela dura jusqu'à ce que 'Orwa les rassure en leur disant : « Par Dieu, ce n'est pas le pied du Prophète, c'est celui de 'Omar. »

De la mort de 'Omar Ben El Khattab

64 'Amr Ben Maïmoun a dit : « J'étais présent quand 'Omar Ben El Khattab s'adressa à son fils et lui dit ceci : - Ô 'Abdallah, va voir 'Aïcha, la mère des Croyants, salue-la de ma part, puis fais-lui savoir que je désire être enterré avec mes deux compagnons, (le Prophète et Abou Bakr) : - Je m'étais réservé, cet emplacement pour moi, répondit 'Aïcha, mais je donne la priorité à 'Omar. Lorsque 'Abdallah retourna auprès de son père, celui-ci lui demanda : - Que m'apportes-tu comme réponse ? - Elle te concède ce lieu pour ton inhumation, ô prince des Croyants, lui répondit-il. - Rien ne m'aurait fait plus de plaisir que cet emplacement pour ma dépouille, reprit 'Omar. Quand le Seigneur, m'appellera à Lui, portez mon corps vers 'Aïcha, donnez-lui le salut et toi, ô mon fils, dis-lui ceci : - Omar Ben El Khattab sollicite l'autorisation d'entrer. Si elle maintient son accord, inhumez-moi à l'endroit réservé, sinon ramenez-moi à l'emplacement où reposent les Musulmans. En ce qui concerne ma succession au califat, je ne vois personne de plus digne que ces compagnons, dont l'Envoyé de Dieu était satisfait jusqu'à sa mort. Celui qu'ils désigneront me succédera. Vous l'écouterez et vous le suivrez. Il donna ainsi les noms de 'Othman, 'Ali, Talha, Zoubaïr, 'Abderrahmane Ben 'Aouf et Sa'd Ben Abou Ouaqas. Alors, un jeune homme parmi les Ansar entra et dit : - Ô prince des Croyants, réjouis-toi car Dieu t'accueillera favorablement. Tu as été parmi les premiers à te convertir à l'Islam, tu as été calife et tu as été équitable et pour couronner le tout tu meurs en martyr. - Ô mon neveu ! répondit 'Omar, puisse Dieu faire que mon califat n'ait exercé aucun effet sur ma vie future et qu'il n'ait en rien chargé, ni allégé de mes actions. Que le calife qui viendra après moi soit bienveillant pour les premiers mouhadjiroune (ceux qui ont émigré avec le Prophète), qu'il leur consacre leurs droits et leur marque le respect. Qu'il traite favorablement les Ansar qui ont accueilli et hébergé le Prophète et la foi. Qu'il soit accueillant vis-à-vis de ceux qui font le bien et qu'il pardonne à ceux qui font le mal. Enfin qu'il soit fidèle à son engagement envers Dieu et son Prophète, qu'il respecte le pacte conclu avec eux de combattre ceux qui sont derrière eux et de ne rien leur imposer qui dépasse leur capacité. »

Il est interdit d'insulter les morts

65 Selon 'Aïcha, le Prophète a dit : « N'insultez pas les morts, ils sont maintenant à l'emplacement qu'ils s'étaient réservés. »

Les pires des morts

66 Selon Sa'd Ben Djobaïr, Ibn 'Abbas a dit : « Un jour Abou Lahab s'adressant au Prophète lui dit : - Puisses-tu mourir avant la fin du jour. C'est alors que ces Paroles de Dieu furent révélées : « Que les deux mains d'Abou Lahab périssent et que lui-même périsse. » (Coran 111.1)

Le tekbir doit se prolonger autant que la prosternation

67 'Ikrima a dit : « J'ai aperçu quelqu'un auprès de la station (d'Abraham) qui prononçait le tekbir toutes les fois qu'il s'inclinait, se redressait, se levait ou se prosternait. Je rapportais cela à Ibn 'Abbas, il me répondit : - ...Ne reconnais-tu pas là, la prière du Prophète ? »

Le tekbir lorsqu'on se relève de la prosternation

68 'Ikrima a dit : « J'effectuais un jour, la prière à la Mecque, sous la conduite d'un vieil homme qui prononça le tekbir vingt-deux fois. Je racontai cela à Ibn 'Abbas en ajoutant que ce vieil homme était stupide. Il me répondit : - ...C'est la façon adoptée par Abou El Qassem (le Prophète). » Comment prononcer le tekbir durant la prière ? Abou Horaïra a dit : « L'Envoyé de Dieu prononçait le tekbir quand il se levait au début de la prière et également quand il inclinait son buste ; en se redressant il disait : « Dieu écoute ceux qui le louent. » Lorsqu'il était complètement redressé, il ajoutait : « Seigneur à Toi la louange. » Il disait aussi le tekbir, alors qu'il s'abaissait pour la première prosternation et le prononçait au moment de relever la tête ; il renouvelait de la même façon le tekbir au cours de la deuxième prosternation en redressant la tête. Il agissait ainsi durant toute la prière. Il disait encore le tekbir, quand il se relevait, après les deux reka'as et aussi une fois qu'il était assis. » Les mains doivent être posées sur les genoux durant l'inclinaison Abou Homaïd, alors qu'il était au milieu de ses compagnons a dit : « Le Prophète tenait ses deux genoux avec ses mains. » Moss'ab Ben Sa'd a dit : « En faisant la prière près de mon père, je rassemblais mes deux mains entre mes cuisses. Mon père m'interdit de procéder ainsi en disant : - Nous agissions de même auparavant, mais on nous l'interdit et on nous prescrivit de poser nos mains sur nos genoux. »

De celui qui ne fait pas l'inclinaison complète

69 Selon Zeïd Ben Wahb, Hodaïfa aperçut un homme qui n'effectuait pas complètement l'inclinaison et la prosternation, il lui dit : « Ta prière n'est pas valable, si tu devais mourir, tu mourras sans avoir bénéficié de la réforme pour laquelle Dieu à créé Mohammed (le Prophète). » Pendant l'inclinaison, le dos doit être horizontal Alors qu'il était au milieu de ses compagnons, Abou Homaïd a dit : « Le Prophète fit l'inclinaison et baissa le dos. »

Lorsque quelqu'un se tient face à un fidèle en train de prier

70 Il répugnait à 'Othman de voir un homme lui faire face quand cela le dérangeait dans sa prière, autrement (si cela ne le distrayait pas de son office), il n'en avait cure. Zeïd Ben Tabit a dit (au sujet de l'interruption de la prière) : « Je ne fais pas cas de cela, l'homme ne pourrait interrompre la prière de l'homme. »

Quand celui qui prie porte une fillette sur ses épaules

71 Selon Abou Qotada El Ansari, l'Envoyé de Dieu effectua sa prière alors qu'il portait 'Omama, fille de Zeïneb, fille de l'Envoyé de Dieu, (sur ses épaules). Selon Abou El 'As Ben Rabi'e, il posait la fillette au moment de la prosternation et la reprenait lorsqu'il se redressait.

L'oraison (le qonout)

72 Selon Abou Salama, Abou Horaïra a dit : « Je vais vous montrer, la prière du Prophète et il prononça l'oraison (qonout) durant la première reka'a de la prière de midi, de celle du soir ('icha) et de celle du matin (sobh) après avoir prononcé la formule : « Dieu écoute ceux qui le louent, » il invoquait la bénédiction (de Dieu) sur les Croyants et la malédiction sur les infidèles. » Anas a dit : « L'oraison (qonout) était prononcée dans la prière du coucher du soleil (maghreb) et la prière de l'aube (fedjr). » Voici la formule du qonout : « Ô mon Dieu, nous Te demandons Ton aide et Ton Pardon. Nous croyons en Toi ; nous plaçons notre confiance en Toi ; nous Te sommes humblement soumis ; nous répudions (toute autre religion que l'Islam) ; nous nous écartons de ceux qui ne croient pas en Toi. Ô mon Dieu, c'est Toi que nous adorons ; c'est pour Toi que nous prions et nous nous prosternons ; c'est vers Toi que nous dirigeons nos aspirations empressées. Nous espérons Ta Miséricorde et craignons Ton châtiment et certes Ton châtiment atteindra les infidèles. »

De celui qui loue et glorifie le Seigneur

73 Rif'a Ben Rafi'e a dit : « Un jour, nous accomplissions la prière derrière le Prophète et lorsqu'il se redressa après l'inclinaison, il dit : - Dieu écoute ceux qui le louent. » Alors un homme qui était à l'arrière s'exclama : « Seigneur à Toi la louange, louange perpétuelle pure et bénie. » Quand la prière fut terminée, le Prophète demanda après l'homme qui avait prononcé cette formule. Celui-ci s'étant fait connaître, le Prophète lui dit : - J'ai vu trente et quelques anges qui se pressaient pour être chacun le premier à écrire ses mots. »

Le fait de prononcer le tekbir au moment de la prosternation

74 Nafi'e a dit : « Au moment de la prosternation, Ibn 'Omar posait ses mains à terre avant ses genoux. » Selon Abou Bakr Ben 'Abderrahmane et Abou Salama, Abou Horaïra a dit : « ...Quand l'Envoyé de Dieu redressait la tête (après l'inclinaison) il disait : « Dieu écoute ceux qui le louent et Seigneur à Toi la louange. » Puis il prononçait des invocations en faveur de certains fidèles qu'il nommait. Il disait par exemple : - Ô mon Dieu délivre Walid Ben Walid, Salama Ben Hicham, 'Ayach Ben Abou Rabi'e et les faibles parmi les Musulmans. Ô mon Dieu accable de Ton courroux les gens de Modar et inflige-leur des années pareilles à celle de Joseph (Youssef). » (Les gens de Modar habitant à l'est de Médine étaient en conflit avec le Prophète). Le mérite de la prosternation De la Miséricorde et de la Grâce divine Selon Abou Horaïra, les fidèles demandèrent un jour au Prophète : « Ô Envoyé de Dieu, est-ce que nous verrons le Seigneur le jour de la Résurrection ? Celui-ci répondit : - Avez-vous des doutes lorsque vous voyez la pleine lune qu'aucun nuage ne masque ? - Non, dirent-ils. - Et le soleil, lorsqu'il est dans son éclat ? - Non, ajoutèrent-ils. - Si vous ne doutez pas de cela, reprit le Prophète, alors de la même façon vous verrez Dieu. Quand les gens seront rassemblés le jour de la Résurrection, Il se montrera et dira : - Que chacun suive ce qu'il a adoré. Certains suivront le soleil, d'autres la lune et une partie les idoles. Ne resteront que les gens de ma communauté, même ceux des hypocrites :...Dieu dira : - Je suis votre Seigneur. - Oui, répondront-ils, Tu es bien notre Seigneur. » Ensuite un pont sera jeté entre les deux bords de l'enfer. De tous les Prophètes, je serai le premier à franchir ce pont avec mon peuple. Personne ne parlera ce jour en dehors des Prophètes. Ils diront : - Ô mon Dieu, accorde Ton Salut ! Ô mon Dieu, accorde Ton Salut ! L'enfer sera tapissé de crochets aiguisés comme les épines de Sa'dan aux dimensions monstrueuses. - Avez-vous vu les épines de Sa'dan ? - Oui, répondirent-ils. - Ces crochets, reprit le Prophète anéantiront les uns et hacheront les autres selon leurs oeuvres. Lorsque Dieu voudra couvrir de Sa Miséricorde, ceux des réprouvés de l'enfer qu'Il lui plaira, Il ordonnera aux anges de faire sortir ceux qui L'ont adoré. Ils seront reconnaissables aux marques laissées par les prosternations, car Dieu a interdit aux flammes de l'enfer d'atteindre ces traces. On les sortira déjà noircis par le feu, puis on versera dessus l'eau de la vie et ils renaîtront à la façon du grain qui croît dans le limon. Dieu agira ainsi et décidera du sort des hommes. Mais l'un d'eux restera entre le Paradis et l'enfer. Il implorera : - Seigneur détourne mon visage de la géhenne dont le souffle me brûle et m'empoisonne. » « Dieu Lui répondra : - Si J'accédais à ta prière, tu demanderas encore autre chose. - Non, criera-t-il, j'en jure par Ta Puissance. Et il fera des serments sur la validité de ses suppliques. Dieu détournera de l'enfer, le visage de cet homme qui verra alors le Paradis et sa magnificence. L'homme restera silencieux pour autant que Dieu le permette, puis, n'en pouvant supporter il dira : - Ô Seigneur, rapproche-moi de la porte du Paradis. - N'as-tu pas déjà formulé ton souhait et renoncé à tout autre désir ? interrogera Dieu. - Ô Seigneur, dira l'homme, ne fais pas de moi la plus méprisable des créatures. - Si J'accède à ta demande, répondra le Seigneur, tu désirerais encore autre chose. - Par Ta Puissance, s'écriera, l'homme, je fais le serment de renoncer à formuler quoi que ce soit dorénavant et il fera toutes les promesses que Dieu voudra. Dieu le rapprochera de la porte du Paradis et l'homme verra l'éclat du Jardin Sacré, ses splendeurs, son luxe et ses plaisirs. Il se taira à nouveau et contemplera ce spectacle enchanteur puis ne pouvant maîtriser ses sentiments, il s'écriera en suppliant. - Ô Seigneur, introduis-moi au Paradis. - Misérable fils d'Adam, répondra le Seigneur, n'as-tu pas fait le serment solennel de renoncer à toute autre demande ? - Seigneur, répondra celui-ci, ne fait pas de moi la plus misérable de Tes créatures. A cette phrase, Dieu sourira ; Il permettra à l'homme d'entrer au Paradis et lui dira d'exprimer un voeu ; celui- ci formulera ses voeux et demandera des choses et d'autres. Lorsqu'il aura terminé Dieu l'invitera à ajouter ceci et ceci encore en lui suggérant ce qu'il y a de merveilleux. Jusqu'à ce que l'homme n'en puisse plus. Alors Dieu Lui dira : - Ô homme, tu auras tout ce que tu as demandé et encore une quantité équivalente en plus. » (1)

La prosternation sur sept parties osseuses

75 Selon Ibn'Abbas, le Prophète a prescrit que la prosternation s'effectue sur sept parties osseuses du corps, à savoir : Le front, les deux mains, les deux genoux et les deux pieds et qu'il ne fallait ni retenir les cheveux, ni relever les vêtements. « Le fidèle en prière doit tourner l'extrémité de ses pieds vers la Qibla, » ainsi a dit Abou Homaïd selon le Prophète. (1) : Dans une autre variante : « et dix fois plus. » Cela procède de la Générosité d'Allah, le Seigneur de l'univers, dont les Bienfaits sont inépuisables. Quand on prononce la formule : « Dieu entend ceux qui le louent. » 'Abdallah Abou Yazid a dit : « ...Quand on prononçait ces mots : « Dieu entend ceux qui le louent, » on attendait que le Prophète eut posé son front sur le sol, pour nous prosterner à notre tour. » Du fait de nouer ses vêtements (pour la prière) Sahl Ben Sa'd a dit : « Les fidèles priaient avec le Prophète après avoir noué autour du cou les voiles qu'ils portaient et qui étaient trop courts. » Selon Sahl Ben Sa'd, les femmes ne devaient pas relever leur tête (de la prosternation) avant que les hommes ne fussent complètement assis.

La pause entre deux prosternations

76 Selon Tabit, Anas Ben Malik a dit : « Je ne voudrais pas manquer d'officier votre prière de la même façon que le Prophète dirigeait la nôtre. Et Tabit ajoute : « Anas faisait quelque chose que je n'ai jamais vu pratiquer. Après avoir relevé la tête de l'inclinaison, il restait debout si longtemps qu'on aurait pu penser qu'il avait oublié (de continuer la prière). De même entre les deux prosternations, il marquait un temps d'arrêt si long qu'on aurait pu penser qu'il avait oublié (de finir la prière). » Il ne faut pas allonger (outre mesure) les bras dans la prosternation Abou Homaïd a dit : « Quand le Prophète effectua sa prosternation, il posa ses bras (au sol) sans les allonger (outre mesure) ni les replier vers lui. » Selon Anas Ben Malik, le Prophète a dit : « Observez une position convenable dans la prosternation. Que personne d'entre vous n'étale les bras à la manière du chien qui étale ses pattes. » De celui qui s'assied bien verticalement avant de se relever dans la prière impaire Selon Malik El Howaïrit, le Prophète fit la prière, puis lorsqu'il effectua une des reka'as impaires, il resta assis bien verticalement un certain temps avant de se relever (de la prosternation). Le tekbir doit être prononcé au moment de se relever des deux prosternations Ibn Zoubaïr prononçait le tekbir pendant qu'il se relevait (des prosternations). La règle est de s'asseoir pour prononcer la profession de foi (chahada) Oum Derda s'asseyait pendant sa prière à la manière d'un homme et elle était instruite en matière de religion. 'Abdallah Ben 'Abdallah rapporte que 'Abdallah Ben 'Omar, quand il était assis en prière croisait les jambes. Je fis comme lui alors que j'étais tout jeune à l'époque, il me l'interdit et ajouta : « La prescription en matière d'attitude durant la prière consiste à dresser la jambe droite et à replier la jambe gauche.- Mais, lui fis-je remarquer, tu n'observes pas cette prescription toi-même. - C'est que moi, mes jambes ne me portent plus, répondit-il. »

De la profession de foi et des invocations à la fin de la prière

77 'Abdallah a dit : « Quand nous accomplissions la prière derrière le Prophète, nous disions : - Le Salut soit sur Gabriel (Djibril), sur Michel (Mikaïl), sur un tel et un tel. Un jour, l'Envoyé de Dieu se tournant vers nous, nous dit : - Dieu est le salut. Lorsque l'un de vous prie qu'il dise : « A Dieu les adorations suprêmes, les prières et les oeuvres pieuses. Que le salut soit sur toi, Ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Que le salut soit sur nous et sur les adorateurs vertueux de Dieu ! » Une telle formule que vous aurez prononcée atteindra tous les adorateurs vertueux tant sur terre que dans le ciel. J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Mohammed est Son Adorateur et Son Envoyé. » Puis, que chacun de vous choisisse les invocations qu'il désire et les formule. »

Des invocations avant les salutations finales

78 Selon 'Orwa Ben Zoubaïr qui le tenait de 'Aïcha, épouse du Prophète, l'Envoyé de Dieu prononçait les invocations suivantes à la fin de la prière : « Ô mon Dieu, suppliait-il, je me réfugie auprès de Toi contre le supplice de la tombe et contre les épreuves de l'Antéchrist, je me réfugie auprès de Toi contre l'adversité de la vie et les affres de la mort. Ô mon Dieu, je me réfugie auprès de Toi contre le péché et contre les dettes. » Quelqu'un lui dit : « Que de ferveur tu mets à te préserver des dettes ! Il répondit : - Celui qui a des dettes parle pour mentir et fait des promesses pour y faillir. » Selon 'Abdallah Ben 'Amr, Abou Bakr Es Seddiq dit à l'Envoyé de Dieu : « Apprends-moi une invocation afin que je puisse la formuler durant ma prière. Le Prophète lui répondit : « Dis : - Ô mon Dieu, je me suis fait tort à moi-même. Toi seul pardonne les péchés. Accorde-moi Ton pardon, Sois Clément pour moi, car Tu es le Clément, l'Indulgent. »

La salutation finale

79 Oum Salama a dit : « Les femmes (qui assistaient à la prière) se levaient (pour s'en aller) dès que le Prophète prononçait les salutations finales. Lui, par contre restait sur place encore quelques moments avant de se lever.- J'imagine, dit Ibn Chihab - Et Dieu sait mieux que quiconque de quoi il s'agit - qu'il se comportait ainsi afin de laisser aux femmes le temps de se retirer, avant que les hommes en sortant ne puissent les rencontrer. » On doit prononcer les salutations finales en même temps que l'imam Ibn 'Omar estime qu'il est préférable que les fidèles en prière derrière l'imam prononcent les salutations finales en même temps que ce dernier. Itban Ben Malik a dit : « Nous exécutâmes la prière avec le Prophète et nous prononçâmes les salutations finales en même temps que lui. »

Le dhikr (l'invocation de Dieu) après la prière

80 Selon Ibn 'Abbas, la coutume de prononcer le dhikr après la prière canonique date du temps du Prophète. Quand j'entendais le dhikr, avait dit Ibn 'Abbas, je savais que la prière était achevée. »

Les bienfaits rattachés au dhikr

81 Abou Horaïra a dit : « Un jour les (Croyants) pauvres dirent au Prophète : - Les riches occuperont les emplacements les plus élevés du Paradis et bénéficieront du bonheur éternel, grâce à leur richesse, car ils prient et observent le jeûne comme nous, mais de plus leur fortune leur permet de faire le pèlerinage, la visite pieuse aux lieux saints ('Omra), la guerre sainte et l'aumône. - Je vais vous enseigner, répondit le Prophète, ce qui vous favorisera par rapport à ceux que vous citez, qui paraissent vous devancer, et qui vous avantagera sur ceux qui viendront après vous. Vous serez les meilleurs dans le milieu duquel vous vous trouvez, exception faite de ceux qui comme vous diront : « Gloire à Dieu - Louange à Dieu - Dieu est le plus Grand » et cela trente-trois fois après chaque prière. » « On s'est mis à discuter, ajoute Abou Horaïra, pour savoir s'il fallait répéter trente-trois fois chaque formule. J'allai voir l'Envoyé de Dieu qui me précisa : - Répétez donc : « Gloire à Dieu - Louange à Dieu - Dieu est le plus Grand, » de façon que le tout, soit prononcé trente-trois fois. » Selon Ouarad, El Moghira Ben Cho'ba adressa une lettre à Mo'awiya dans laquelle il me fit écrire ce qui suit : « A la fin de chaque prière canonique, le Prophète disait : « Il n'y a d'autre dieu, que Dieu Unique qui n'a pas d'associé, à Lui le Royaume, à Lui la Louange. Il est Puissant sur toute chose. Ô mon Dieu ! Nul ne peut repousser ce que Tu prodigues et nul ne peut donner ce que Tu refuses ; auprès de Toi, la fortune du riche ne lui est d'aucune valeur. »

L'imam fait face aux fidèles après les salutations finales

82 Samora Ben Djondob a dit : « Lorsque le Prophète achevait sa prière, il tournait son visage vers nous. »

De la foi et du reniement

83 Zeïd Ben Khalid El Djohani a dit : « Le Prophète dirigea pour nous l'office de la prière du matin (sobh) à Hodaïbiya, alors que la pluie venait de tomber durant la nuit. Une fois la prière achevée, il se tourna vers les fidèles et leur déclara : - Savez-vous ce que votre Seigneur a dit ? - Dieu et le Prophète savent mieux que nous, répondirent-ils. - Dieu a dit, reprit le Prophète, certains d'entre Mes adorateurs ont cru en Moi ce matin alors que d'autres m'ont renié. Celui qui a dit que la pluie était une Grâce de Dieu et de sa Clémence a cru en Moi et renié les astres. Celui qui a dit que la pluie est tombée par l'effet de tel astre m'a renié et cru aux astres. »

L'imam qui demeure en place après la prière

84 Adam a dit : « D'après Cho'aïba, Ibn 'Omar effectuait des prières surérogatoires en demeurant à la même place où il accomplissait les prières canoniques. » El Qassem agissait de même. Selon Abou Horaïra qui rattache cette directive au Prophète, l'imam ne doit pas exécuter de prières surérogatoirse sans changer l'emplacement de la prière canonique, mais ceci n'est pas établi. De celui qui après avoir dirigé la prière des fidèles se souvient de quelque chose 'Oqba a dit : « J'ai accompli la prière de l'après-midi ('assar) derrière le Prophète à Médine. Après avoir prononcé les salutations finales, celui-ci se leva précipitamment et enjamba les fidèles avant d'entrer dans la chambre d'une de ses femmes. Les fidèles furent troublés par cet empressement. Lorsqu'il revint et devant leur mine tout étonnée, il s'expliqua : - Je me suis rappelé que je possédais un peu de poudre d'or chez moi et j'ai eu peur que cela ne me distrait, alors je suis parti pour la distribuer (aux nécessiteux) »

Le fait de quitter la mosquée en allant du côté droit ou gauche

85 Anas Ben Malik se retournait parfois à droite parfois à gauche et critiquait ceux qui préféraient se retourner seulement du côté droit. 'Abdallah a dit : « Qu'aucun d'entre vous ne réserve la moindre chose à Satan dans sa prière en pensant que c'est une obligation pour lui de s'en aller du côté droit, car j'ai vu maintes fois le Prophète s'en aller du côté gauche. »

Ce qui a été dit au sujet de l'ail cru, de l'oignon et du poireau

86 Selon Djâbir Ben 'Abdallah, le Prophète a dit : « Quiconque aura mangé de l'ail (cru) ou de l'oignon devra se tenir loin de nous. »Une autre source dit : « Loin de notre mosquée - et - il devra rester chez lui. » Selon Djâbir Ben 'Abdallah, on amena au Prophète une marmite remplie de légumes verts. Constatant une odeur inhabituelle, il demanda à l'un de ses compagnons de voir ce qu'il y avait dans la marmite. Comme celui-ci éprouvait un certain dégoût, il lui dit : « mange de cela, moi j'ai à converser avec quelqu'un alors que toi tu n'es pas tenu à une telle discussion.(1) » El Bokhari a dit : « Je ne sais s'il s'agit d'un récit de Zohri ou d'un Hadith. »(1): On pense que ce plat contenait de l'ail ou de l'oignon, provoquant une haleine fétide qui aurait indisposé l'interlocuteur.

De la tombe abandonnée

87 Selon Solaïman Chaïbani..., le Prophète passant près d'une tombe abandonnée rangea derrière lui ses compagnons puis effectua une prière...

Le lavage du vendredi est obligatoire

88 D'après Abou Sa'id Khodry, le Prophète a dit : « Le lavage du vendredi est une obligation pour toute personne ayant atteint l'âge de la puberté. » Le Prophète accomplissait la prière du matin (sobh) avant le lever du jour 'Aïcha a dit : « Lorsque l'Envoyé de Dieu avait achevé de faire la prière du matin (sobh), les femmes s'enveloppaient dans leurs manteaux et partaient dans l'obscurité, si bien qu'on ne pouvait les reconnaître. » La femme est tenue d'obtenir l'autorisation de son mari pour se rendre à la mosquée Selon 'Abdallah Ben 'Omar, le Prophète a dit : « Lorsqu'une femme vous demande l'autorisation (de se rendre à la mosquée) ne vous y opposez pas. »

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